A propos

Attention, ceci est un pavé.

Delphine KAPPS kapsala

Delphine, docteur en biologie et entrepreneure

Ce projet naît durant l’année 2017. Je vis alors une année très particulière :  je viens d’obtenir mon doctorat en biologie moléculaire à Strasbourg, et de m’installer sur la merveilleuse île de La Réunion avec ma moitié.

En avril 2017, trois mois après notre emménagement, mon conjoint trouve un emploi. Je me retrouve donc la plupart du temps seule : je n’ai pas de travail, pas de collègues, peu d’amis (absolument géniaux mais très pris par leur travail). Les mois passent. J’envoie de plus en plus de candidatures : de l’entreprise qui cultive de la vanille à l’association qui étudie la flore locale, en passant par la vente dans l’alimentaire ou le prêt-à-porter, je ne fais pas la fine bouche. Je n’ai aucun problème avec ce qu’on appelle “les petits boulots”, bien au contraire. Les rarissimes entretiens que je fais me laissent le plus souvent sans nouvelles. Parfois, on me répond que je suis surqualifiée pour le job, ou qu’un autre candidat avait un profil plus adéquat. Mon CV fait peur, et le marché de l’emploi à La Réunion est compliqué.

Je passe pas mal de temps sur le net pour trouver ma solution miracle professionnellement parlant. Il doit bien y en avoir une ! J’ai des jobs précaires dans l’enseignement : en cours particulier à domicile (j’y trouve du plaisir, mais ce que je gagne me sers surtout à payer le carburant de mes déplacements), ou en prépa médecine (je gagne plus mais mes valeurs sont fortement mises à mal dans ce contexte d’enseignement).

Octobre 2017 : je vois sur mon fil Facebook qu’une amie a mis un like sur une page qui s’appelle “Alexandre Roth“. Je vais voir qui est ce brave homme. Il est entrepreneur à succès et explique dans ses vidéos son métier : aider des personnes à vivre de leur passion. Je me renseigne sur lui, sur ses méthodes… Il a l’air d’être une référence dans ce domaine et ses propos m’impactent énormément, notamment le fait de travailler comme on veut, d’où on veut, quand on veut grâce au blogging. Je lui achète une formation, “Biz Starter”. Je découvre de façon approfondie cet univers professionnel qui correspond exactement à qui je suis : l’entrepreneuriat.

Je travaille activement pour trouver la thématique qui pourrait donner naissance à mon entreprise. Après des semaines à explorer différentes idées, différents centres d’intérêts, diverses idées de produits, je tiens enfin mon concept : mon entreprise sera basée sur ma passion du point de croix, et orientée vers des créations rapides, moi qui finis rarement les projets qui nécessitent des mois ou des années de travail. Cela me permettra de créer mes propres motifs tout simples, étant donné que je n’ai pas de talent particulier en dessin.

Le conseil d’Alexandre Roth est de proposer des infoproduits, c’est-à-dire des produits d’information. Pourquoi ?  Il s’agit d’optimiser son temps. Ecrire un guide, une recette, un protocole, tourner une vidéo permet de concevoir un seul produit et de pouvoir le vendre à l’infini, en téléchargement. Pour la petite anecdote, je me rappelle que j’avais acheté un guide pour composer mes tenues vestimentaires. L’entrepreneure derrière ce projet ? Emma Denaive… la femme de Roth. Tout s’explique.

Je choisis le sujet de mon premier infoproduit : un guide qui explique comment créer soi-même un porte-clés brodé au point de croix. Sauf que, avant d’écrire ledit guide qui expliquerait comment faire, je dois mettre au point ma propre méthode. Alors j’achète du matériel, je teste mille et une façon de faire ce foutu porte-clés. J’y passe beaucoup de temps, les premiers sont nuls et je me demande si tout cela en vaut bien la peine.

A ce moment, je vis en colocation et nous recevons souvent du monde pour divers apéros, parties de cartes, ploufs dans la piscine et autres parties de billard. Je suis souvent à mon poste de travail, à vue des personnes qui rentrent. Tous viennent me saluer et voir ce que je fais… et les commandes arrivent, sans l’avoir cherché : “Aaah tu fais des porte-clés ? Mais ils sont super cool ! Je peux te prendre celui-là ? Ooh, mais je peux choisir le motif ? Tu m’en feras un avec les chats de ma grand-mère ?”. Et voilà. Je me suis mise à broder, coudre, assembler, vendre… et mon guide est à peine commencé que je le délaisse déjà. Si on rapporte le prix de vente de mes créations au temps que j’y passe, ce n’est pas folichon, mais j’adore ce que je fais et les gens aussi. Pour moi, c’est déjà beaucoup, parce que plus le chômage perdure, plus la pensée qu’on ne sert à rien s’installe, malgré de soit-disant brillantes études.

*ellipse narrative*

Juin 2018 : je rentre en métropole. Ce n’est pas une décision facile, mais ma situation professionnelle ne se débloque pas, et ça me pèse.
Je rêve de jongler entre emploi salarié dans un domaine scientifique et le développement de mes projets… Haha, bah oui, parce que du coup, j’ai monté une deuxième entreprise, avec le travail d’équipe qui me manque dans mon projet point de croix. Mais ce ne sont au démarrage que des compléments de revenus, ce qui suppose avoir un revenu à la base. J’en profite pour saluer chaleureusement l’existence de l’allocation chômage, dont j’aimerais n’avoir jamais eu connaissance bien sûr, mais qui m’a permis de vivre durant tout ce temps.

Octobre 2018 : je reprends des études pour décrocher un emploi à la hauteur de mes aspirations. La formation que je suis s’intitule “Ingénierie de Projets Innovants“, un master réservé aux docteurs qui ne souhaitent pas poursuivre dans l’académique. Il débute par quatre mois de cours à Strasbourg. Je me concentre sur mes cours en cette fin d’année ; mes projets sont plutôt en stand by. Ce master me faisait de l’oeil depuis quelques années, et je suis ravie d’avoir été prise ! Je retrouve un certain nombre de notions que j’avais apprises seule dans la gestion d’entreprise (notamment en marketing), ce qui me conforte dans tous mes efforts investis. Naturellement, j’apprends beaucoup de choses complémentaires (en communication, finances, ressources humaines, propriété intellectuelle…). Les discussions avec les différents intervenants enrichissent mes projets personnels et je me sens encore plus armée pour mes futures candidatures. Je m’imagine en particulier très bien travailler dans une petite entreprise innovante ayant un lien avec la nature, la santé, la biologie, le biomédical. Un format d’entreprise à taille humaine m’attire tout particulièrement, même si tout ce que je demande est une thématique intéressante et une équipe positive et dynamique, finalement.

Avril 2019 : mes projets me manquent et je mets au point mon planning avec mes 40 heures de “stage” pour valider mon master, que je fais à Pau, et mes projets personnels. Il n’y a pas de secret : j’ai 24 heures par jour comme tout le monde. La plupart de mes pauses déjeuner, soirées et weekend sont les moments pour travailler sur mes entreprises. Beaucoup de travail et d’épanouissement sont au rendez-vous, ponctués de remises en question de tout ça dans les moments de creux…

Je lance enfin ma micro-entreprise Kapsala ! Payer des taxes sur quelques dizaines d’euros gagnés par-ci par-là ne m’amuse pas, mais j’aime que mon travail soit une vraie entreprise officielle. Je veux pouvoir me montrer sans problème avec un site dont je rêve depuis des mois, et publiquement sur un marché de créateurs par exemple. Je crée donc ce site, notamment grâce à l’aide de mon cousin Denis, et constitue peu à peu ma boutique. Elle est le lieu des créations libres (des accessoires que je crée selon ma propre inspiration). Je tiens aussi une partie blogging, puisque j’adore écrire ! C’est là que je décris mes réalisations faites sur mesure.

Et voilà. Vous savez tout, ou presque, de ce projet. J’espère que vous aurez autant de plaisir que moi à vivre l’évolution de Kapsala.

Merci pour votre présence !

Delphine